Critique de Akatsuki v.1 le 18/02/16 à 04:02 par Kouje
Akatsuki, à l'heure où j'écris ces lignes, est la première et unique oeuvre de Motoki KOIDE. Saluons le courage de ce mangaka qui tente une percée dans le monde sans pitié de l'édition japonaise en nous proposant un shônen manga classique. Bonne ou mauvaise idée à une époque (sortie en 2009 au Japon) où le secteur est dominé par des mastodontes bien installés comme Bleach, Fairy Tail, Naruto et One piece ?

Les premières pages sont prometteuses et nous présentent Hibiki et Kirisa, deux jeunes kiriishi (médecins-guerriers), seuls capables de vaincre les Akatsuki, des maladies infectieuses mortelles qui transforment tout être contaminé en un monstre redoutable. Hibiki et Kirisa se battent à l'aide de "clave" :  des armes "magiques" de différentes formes. Une fois l'Akatsuki proche de l'agonie, il faut l'enfermer dans une fiole en procédant au rituel de l'"aka-section".

Le duo, installé dés le début de l'histoire, fonctionne finalement très moyennement. Kirisa est une femme réfléchie et agile tandis qu'Hibiki est ce sempiternel jeune homme fonçant tête baissé sur l'ennemi qu'on connait bien. L'auteur donne très peu d'information pour cerner et donner de la profondeur aux deux protagonistes et sortir des clichés habituels si l'on compare, par exemple, au duo Gon et Kirua dans Hunter X Hunter, pour lesquels il se passe moult péripéties avant de les voir partir ensemble au casse pipe. Du coup, dans ces 192 pages, on s'attend à des flash-back intéressants avant la fin du premier tome pour donner de la saveur à l'ensemble mais malheureusement rien ne vient.
 
AKATSUKI © Motoki KOIDE / Kodansha Ltd.

Il faut de l'émotion subtilement distillée dans du shônen ce qui n'est pas simple car on peut vite tomber dans du pathos dégoulinant, rédhibitoire pour le lecteur. J'aime citer l'exemple de One Piece pour étayer mon propos : Le chapeau de paille n'est pas devenu culte pour rien. Eiichirô Oda a su apporter cette légère touche d'émotion lorsqu'il raconte le passé de l'équipage de Luffy.ce procédé permet un attachement, une empathie voir une identification rapide du lecteur pour les personnages ce qui légitime par la suite le fait de dérouler différents cliffhangers, ellipses et autres joyeusetés scénaristiques qui donnent beaucoup de force à une oeuvre.

Pourtant tout n'est pas à jeter dans l'histoire. L'idée de forger les claves à partir d'Akatsuki prisonniers de leurs fioles et de les rendre toujours plus puissantes est intéressante. En effet, le héros peut, de cette façon, augmenter sa puissance sans faire des mois d'entraînements auprès d'un maître barbu dans le fin fond du trou du cul du monde !
Les kiriishi ont également des grades (de 1 à 5) qu'ils gagnent en passant des examens. Cela donne une indication immédiate de leur force et on est friand de ce genre d'information dans le shônen même si pour le coup, cela rappelle légèrement Naruto (Genin, Chūnin, Jōnin...).

On y arrive... La comparaison. Forcement ce style de manga se prête facilement au jeu des sept différences avec ses alter ego... On peut résumer Akatsuki a un mélange entre Bleach, Claymore et Pokémon !

C'est fou ce que le personnage principal ressemble à Ichigo de Bleach dans son visuel et Kirisa à un Arrankar lorsqu'il se bat avec son katana "magique" (qui a crié Bankaï ? ). On pense immédiatement au manga de Tite KUBO et ça la fou mal lorsqu'on veut imposer son propre shônen.
Pour la comparaison avec Pokémon, je n'ai pas fumé ! Comme je le disais précédemment, les kiriishi peuvent capturer les akatsuki blessés dans des fioles. Les bouchons de ces tubes à essai ont des couleurs différentes en fonction de la puissance du monstre contenu à l'intérieur... Cela ne ressemble t'il pas à des pokéball hein !? Ou alors j'ai été traumatisé pendant mon enfance par Rondoudou, Mélofée, Chenipan et compagnie... C'est possible aussi !
 
AKATSUKI © Motoki KOIDE / Kodansha Ltd.

Il faut savoir aussi que les kiriishi appartiennent à une guilde qui leur assigne les missions et les rémunère en fonction de leur grade et de leur proie. Une sorte de société secrète qui ressemble étrangement à l'Organisation dans Claymore et qui semble en savoir beaucoup sur l'affaire de contamination mortelle via les Akatsuki... Comme par hasard.

Rien de bien orgasmique donc dans le scénario. On se rabat sur l'autre intérêt du shônen manga  La castagne !
Les Akatsuki ont tous un point faible en fonction de leur nature. Du coup, si on balance un monstre idiot qui ne se définit que par son talon d'Achille, on tourne vite en rond. On a du mal à voir comment cela peut évoluer. Il faudrait changer la forme des Akatsuki, les rendre intelligents voir humanoïdes. Enfin je dis ça, mais le manga est fini au Japon depuis un moment.

Pour les dessins, le mangaka est assez doué pour créer des monstres détaillés, imposants et originaux. Les décors répondent aussi présents dans le fond des cases et soulignent bien l'univers du titre. Là ou le bas blesse, ce sont les personnages qui contrastent beaucoup trop avec les remarques précédentes plus élogieuses car ils sont d'un classicisme navrant. La technique est tout de même finalement plutôt maîtrisée pour du shônen surtout si on considère que c'est le tout premier manga de l'auteur.

Pour conclure, on finit la lecture avec des insatisfactions, mais rien de rédhibitoire. Les éditions Pika ont été malignes : Elles ont souligné sur le verso du manga que celui-ci ne comptera que 9 tomes. Du coup, on pourrait se laisser aller à compléter notre collection sans trop de crainte. On attend quand même les deux prochains volumes au tournant car si la qualité globale se détériore encore, cette série peut finir sur une liste de cadeau à acheter d'occasion pour Noël 2045.
 
AKATSUKI © Motoki KOIDE / Kodansha Ltd.
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Kouje

Adepte de tous les types de mangas existants, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre à travers ce site.
manga
Akatsuki
Volume 1 (France)
Pika
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