Critique de Satan 666 v.1 le 11/02/16 à 17:34 par Kouje
Seishi Kishimoto en 2001, alors agé de 27 ans, nous présente avec 666 Satan sa première série en volumes reliés. Le manga finira en 2008 après 19 tomes. A sa sortie, il sera accusé de plagiat par les lecteurs du Monthly Shōnen Gangan et du Weekly Shōnen Jump du fait de son dessin beaucoup trop ressemblant au manga Naruto. Un communiqué de presse expliquera alors que le mangaka de 666 Satan n'est autre que le frère jumeau de Masashi Kishimoto, l'auteur du célèbre ninja, histoire de mettre fin à la polémique.
 
©2001 Seishi Kishimoto / Kurokawa

Ce premier volume nous plonge dans un univers fantastique, à une date inconnue, où les hommes s'entre-tuent afin de mettre la main sur une technologie perdue : les O-parts. Ces objets fabriqués à partir d'un savoir oublié, procurent richesse et pouvoir à celui qui en possède. L'histoire commence avec la rencontre entre Ruby Crescent, une jeune fille qui rêve de devenir la plus grand chasseuse aux trésors du monde et Jio Fleed, un orphelin, qui de son côté, souhaite tout simplement conquérir la planète ! Ensemble, ils vont voyager afin de retrouver les restes archéologiques de la civilisation disparue et en apprendre un peu plus sur l'existence de ces O-parts. 

On ne va pas tourner autour du pot, si vous cherchez en 666 Satan un shônen qui révolutionne le genre Nekketsu, vous n'êtes absolument pas au bon endroit.

Petite parenthèse pour parler du terme Nekketsu. C'est un concept inspiré du monomythe décrit dans un premier temps par Joseph Campbell à la fin des années 1940 et mis au goût du jour à la sauce manga par Osamu Tezuka en 1947 via la Nouvelle île au trésor (disponible chez Isan Manga en France). On y retrouve des caractéristiques récurrentes à ce genre comme par exemple le fait que le héros soit solitaire, foncièrement honnête pour ne pas dire naïf, que ses adversaires deviennent ensuite ses amis ou bien encore qu'il soit doté de pouvoirs cachés hors normes...

Plus globalement, on pourrait décrire le style comme un voyage initiatique qui révélera la transcendance du statut du personnage à travers des rencontres et un dévouement pour l'intérêt général.

Pour en revenir à la construction narrative de ce premier volume de 666 Satan, c'est simple, il reprend absolument tous les codes sans chercher à innover. Même le lecteur occasionnel à vite l'impression d'avoir déjà lu ce manga tant tout est lent et prévisible. C'est beaucoup trop scolaire, ça manque de fougue, de mise en place émotionnelle et de surprise. Ruby est l'archétype de la fille jeune, un brin sexy, faible, à couette bleue et qui a besoin d'être protégée. Jio, quant à lui, est un orphelin terriblement fort physiquement, seul au monde mais plus pour très longtemps vu qu'il va occuper le rôle d'un chevalier servant auprès du personnage féminin. A moins d'avoir Alzheimer, vous en conviendrez, il y a un légère impression de déjà vu.

Après quelques pages (35 pour être précis), on nous révèle la vrai nature de Jio. Son meilleur ami apparaît, évidement, pour se venger... On se demande presque si on n'est pas en train de lire un one shot plutôt qu'une série en 19 tomes.

Jio à bien sur son propre O-part (qui sert d'arme de manière générale) mais Kishimoto à opté pour un boomerang... Les fouets et les boomerang, c'est bien uniquement dans les jeux vidéos lorsque l'on peut s'en servir sois même (Castlevania ou the Legend of Zelda) mais visuellement dans un manga, c'est mortifère pour les neurones. Malheureusement c'était la seule originalité apportée par ce premier volume et ça fait chou blanc.

A la fin du tome, le mangaka se piège lui même avec son "méchant" Sabaki vide d'originalité, il sent bien qu'il faut passer à autre chose. Malheureusement vu qu'il respecte scrupuleusement le genre, il ne peut le faire tuer par le héros. Pas de soucis, un aigle géant l'agrippe et le fait disparaître au loin ... On ne va pas chipoter pour si peu.

Le dessin sauve un peu du naufrage. Le trait est simpliste mais efficace pour du shônen. Les visages retranscrivent bien les émotions et les scènes d'actions restent compréhensibles malgré l'utilisation récurrente de trames de fond.
Plusieurs cases en contre plongée font même de l'effet. On sent que le mangaka a de la marge de progression dans ce domaine. Un bémol tout de même sur les décors trop peu présents peut être à cause d'un manque d'assistant ou d'une mauvaise gestion du temps pour un premier manga relié.

Au niveau de l'édition, Kurokawa nous livre un format simple sans accroc. La police est agréable à l'oeil, les onomatopées traduites, les textes bien centrés ainsi que quelques pages bonus en fin de tome le tout pour un prix bon marché.

Nous vous invitons à lire les critiques suivantes pour découvrir si le manga s'enfonce dans les abîmes de la médiocrité ou bien si il a un sursaut qualitatif sous morphine  !
 
©2001 Seishi Kishimoto / Kurokawa
cadre-Kouje

Kouje

Adepte de tous les types de mangas existants, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre à travers ce site.
manga
Satan 666
Volume 1 (France)
Kurokawa
7 €
achat-amazon
Score
3.0 mangeeka
1 note
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