Critique de Oldman v.1 le 19/02/16 à 05:30 par Kouje
Oldman est la quatrième oeuvre de CHANG Seng après Stanle, X-Girl et Baby. Né à Taipei (Taïwan) en 1968, il est diplômé de l'école d'art et de commerce Fu-Hsin, section peinture occidentale. Après 15 années à travailler dans la publicité et suite à de nombreux prix artistiques, il décide en 2004 de se consacrer entièrement au Manhua (bande-dessinée chinoise). Son vécu et sa maîtrise artistique sautent au yeux dés les premières pages d'Oldman. Reste à savoir si la saveur exquise de cette mise en bouche se confirme à la lecture ou pas, sachant que cette série comporte 4 tomes.
 
© OLDMAN / Chang Sheng / Tong Li Publishing

Nous sommes au début du XVIIème siècle, dans un lointain royaume sans aucun repère historique ou géographique. Le pays est gouverné par une reine dont le visage ne vieillit plus... Seul le personnage principal, Billy Oldman, un vieux magicien emprisonné par la souveraine, affirme détenir la réponse à ce mystère. Après un tour de passe-passe, Oldman s'enfuit de sa geole emmenant avec lui Rebecca, une jeune femme surnommée la déesse de la guerre. Elle aussi est avide de prendre sa revanche sur la reine car elle a été amputée de ses bras et jambes après sa capture. Ce qui est étrange dans l'histoire, c'est qu'Oldman ne semble pas surpris outre mesure par la condition physique bien précaire de la jeune femme et lui propose de s'associer dans la fuite afin de fomenter leur vengeance.

Billy Oldman rencontre juste après son évasion, le docteur Vincent, troisième larron de la future équipe, spécialiste de l'art et chirurgien à ses heures perdues et lui demande de "réparer" Rebecca. On se dit que le vieil homme à un plan bien précis car ses interactions avec les autres protagonistes ne semblent pas dues au hasard. Dés le départ, tout est fluide dans le scénario mais quelques indices laissent entrevoir de possibles grands mystères ce qui provoque une bonne accroche pour le lecteur. L'auteur ruse également en mettant en exergue l'importance du passé des personnages mais n'en distillant que quelques bribes au fil des pages. Pire, il entraine le lecteur très rapidement dans un flash-forward (saut dans le futur) d'un an alors que l'on espérait plutôt des flash-back pour comprendre les personnages.

Autre extravagance, on se demande si les héros sont dotés de facultés hors-normes ou si tout cela n'est qu'enfumage. Un exemple : le vieux magicien est pourchassé par tout le royaume mais, mis à part quelques tours de magie ridicules, il semble bien inoffensif et peu apte à se défendre efficacement. On a la même sensation avec Rebecca ou Vincent et leur niveau de compétences. C'est loin d'être désagréable si des surprises arrivent par la suite pour dynamiser tout ça. Attention quand même aux artifices scénaristiques qui risquent de tout gâcher si la fin est sans queue ni tête (comme dans la série americaine Lost).
 
© OLDMAN / Chang Sheng / Tong Li Publishing
Billy Oldman ressemble incroyablement à l'acteur britannique Sean Connery. Presque un sosie !
On ne va pas tourner autour du pot car au niveau du graphisme, on peut dire que les planches sont magnifiques. Les cases sont remplies avec des décors qui illustrent bien cette ambiance du XVIIème siècle, le trait est fin, les visages ont des expressions dynamiques et l'action est très compréhensible pendant les scènes de combats. Bizarrement tous les personnages féminins sont dotés d'attribus et de courbes plutôt provocantes comme si par le plus grand des hasards on cherchait à attirer le regard du lectorat masculin. Je suis peut être mauvaise langue... C'est sans doute juste l'auteur qui prend plaisir à dessiner des femmes aux attributs généreux a son goût... A souligner également pour le visuel : Les armures des guerriers sont impresionnantes de détails et de finesse. On en redemande.
 
© OLDMAN / Chang Sheng / Tong Li Publishing

Le manhua Oldman ayant acquis une bonne notoriété au Japon en remportant une médaille de bronze à l'International Manga Award en 2013, plusieurs éditeurs se sont mis sur les rangs pour la publication française mais c'est Kotoji qui a remporté le contrat. La qualité de l'édition est d'ailleurs bonne et produite semble t'il avec beaucoup de soins. Le papier est souple, le lettrage agréable et rien ne dépasse des bulles. Les onomatopées japonaises sont conservées avec une traduction qui les accompagne positionnée de manière intelligente et discrète selon les cases. On est finalement très agréablement surpris par le produit fini ce qui est un gros plus pour les collectionneurs.

Pour ce premier tome, on a donc un scénario qui tient la route, sublimé par des dessins détaillés, élégants et raffinés avec une édition des plus correcte. Sans être la révélation ultime de ce début d'année, Oldman semble être parti pour devenir une histoire bien agréable à lire.
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Kouje

Adepte de tous les types de mangas existants, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre à travers ce site.
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Oldman
Volume 1 (France)
Kotoji éditions
8 €
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6.0 mangeeka
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